LE CARNAVAL

Dans l'éparpillement des expressions du carnaval persiste le "pourquoi" de ce rite. l'espoir d'un lendemain meilleur ou, à défaut, la jouissance insouciante et déculpabilisée du présent.

Lié au carême et à Pâques, le Canisprivium est la période qui marque le passage de la cuisine grasse à la cuisine maigre, et c'est ainsi que se définit le carnaval au sens strict du mot.

Carnelevare en napolitain, Carneval en toscan. Une période où l'on lève les mains de sur les aliments carnée. Notre carnaval européen précède le carême, période d'abstinence de nourritures grasses. Les déguisements qui l'accompagnent restent donc une forme de revanche sur la rigueur imposée par l'église, sur l'obligation d'abstinence qui ne cesse de rebuter les humains.

Dans l'ensemble du monde européen les carnavals ruraux nous sont connus à partir du XIIème siècle grâce aux critiques du clergé et à l'opposition unanime des églises face "aux travestissements et à la bestialité des comportements".

A travers le carnaval on souhaite favoriser la fertilité de la terre et la fécondité des bêtes, ou on met en scène la lutte du bien et du mal, de la lumière et de l'obscurité.

(extraits du livre "Fêtes et croyances populaires en europe" éditions Bordas)

CARRUS NAVALIS, LE CHAR NAVAL

Le cinquième jour de Mars était pour les derniers siècles de l'Empire romain, le jour faste pour la reprise de la navigation : la mer était ouverte de nouveau après quelques mois d'hiver où elle était fortement déconseillée, sinon interdite.

Ce jour de reprise officielle des activités maritimes était alors célébré par les Ploiaphesia, les fêtes du "bateau laché", lors desquelles le navigium Isisdis (nef d'isi) était conduit jusqu'à la plage et lâché dans les vagues à l'intention de cette déesse. Déesse qui incarne le principe féminin, la source magique de toute fécondité et de toute transformation.

Sur le pourtour méditerrannéen Isis fut adorée comme la déesse suprême et universelle, comme mère de la nature, maîtresse des éléments. Elle gouverne les ciels lumineux et les silences de l'enfer.

Apulée(125-180 ap J-C), a laissé une description des Ploiaphesia :

"En ce jour où se confirme le réveil du printemps; un chaleureux soleil brille et la mer renonce aux tempêtes. Une foule nombreuse et chamarrée emplit les rues pour assister à la procession en l'honneur de la déesse. En tête de cortège, voici les groupes de personnages insolites qui s'agitent, déguisés selon leur fantaisie..... Suivaient les prêtres de la déesse et les musiciens qui escortaient le bateau monté sur un char pour être aisément tiré. Le peuple rejoignait en masse le cortège et c'est dans l'allégresse générale que le bateau arrivait à la mer."

  Aujourd'hui à CELLES : LE CARNAVAL'EAU !