Naissance de la ruffe : voyage au cœur du Permien
Pour comprendre la formation de la ruffe, il faut remonter à une époque où ni le lac ni nos paysages actuels n’existaient : le Permien, il y a environ 250 à 280 millions d’années.
Le climat du supercontinent
À la fin de l’ère primaire, la région de l’actuel Salagou faisait partie du supercontinent Pangée. Le climat y était alors beaucoup plus aride, marqué par des alternances de saisons très sèches et de pluies torrentielles.
- Fleuves et lacs temporaires : Les cours d’eau éphémères lessivent les montagnes érodées, charriant des sédiments riches en fer
- Dépôts successifs : Les sédiments s’accumulent année après année au fond de vastes dépressions, formant de fines couches qui deviendront la ruffe
- Oxydation : L’oxygène au contact du fer dans les sédiments provoque la coloration rouge (formation d’hématite, un oxyde de fer rougeâtre)
Les strates de ruffe témoignent donc d’une sédimentation lente et continue, perturbée par de violents épisodes climatiques. À chaque strate, une variation de composition et de couleur raconte la force et la rareté d’une crue, l’intensité d’un été ou la sécheresse d’une année.
Un paysage préhistorique disparu
À l’époque de la formation de la ruffe, la végétation était encore rare, ressemblant à de modestes fougères et des arbres primitifs, et la faune peuplée notamment d’ancêtres des mammifères. Ce décor désertique et rouge, sculpté par les éléments, s’étendait sur toute une région, mais c’est au Salagou qu’il s’est le mieux conservé.
Des recherches géologiques ont révélé que la ruffe du Salagou renferme par endroits des empreintes fossiles de reptiles permien, des souches d’arbres silicifiés et de minuscules fragments de plantes fossiles, preuve de la très grande ancienneté de cet environnement (source : Association Géol’Aumelas Salagou).